J’ai créé un logiciel. Le plus dur commençait à peine.

Nous y voilà. Le dernier épisode. Le Grimoire était en ligne, sur le Store, réel, téléchargeable. Après plus d’un an de travail, de nuits, de café et de canicule, j’avais réussi. Le rideau pouvait tomber sur une belle histoire.

Sauf que non. Parce que c’est là, précisément, que le plus dur a commencé.

Le vertige du zéro

Je me souviens du moment où j’ai regardé mon tableau de bord, quelques jours après la mise en ligne. Zéro vue sur la fiche du Store. Zéro essai. Zéro.

Et là, l’euphorie du lancement a laissé place à une petite musique bien plus grinçante. Et si personne ne le voyait, jamais ? Et si, ceux qui le voyaient, n’aimaient pas ? Et si je m’étais planté sur toute la ligne ? Et si, et si, et si…

C’est une chose étrange, de mettre au monde un objet dans lequel on a déversé un an de sa vie, et de le voir accueilli par un silence absolu. Ce n’est pas qu’on vous critique. C’est pire : personne ne sait que vous existez.

J’avais passé un an à résoudre un problème technique. Je découvrais que je m’étais trompé de problème. Le vrai, celui que tout créateur indépendant finit par affronter, ce n’était pas « comment construire un bon logiciel ». C’était « comment diable les gens vont-ils apprendre qu’il existe ».

Un métier que je ne connaissais pas

Alors je me suis mis à l’école. À la dure.

J’ai découvert le SEO, ce grand art de se rendre visible sur les moteurs de recherche, dont je ne soupçonnais même pas les règles. J’ai ouvert mes pages sur X et Facebook, moi qui ne suis pas du tout à l’aise avec les réseaux sociaux et qui ne les utilise quasiment jamais. Tout juste si je suis quelques chaînes bien fichues sur l’impression 3D ou les conseils d’écriture. Et non, je ne passe pas mes journées à regarder des vidéos de petits chats. Même si, entre nous, je les aime bien.

Et maintenant, il y a le montage vidéo. Un truc que je n’ai jamais fait, que je m’apprête tout juste à découvrir. Je n’y connais rien. Mais je n’ai pas le choix, alors je vais apprendre, comme j’ai appris tout le reste. Sur le tas, à tâtons, avec obstination.

C’est ça, ma vie en ce moment. La partie 7 de l’aventure, celle qui se joue au quotidien, maintenant, pendant que vous lisez ces lignes.

Ce que je veux vraiment construire

Mais il y a une chose dans laquelle je crois profondément, et c’est peut-être la plus importante de toute cette histoire.

Je ne fais pas partie d’un grand studio. Il n’y a pas d’équipe marketing, pas de service client à l’autre bout du monde, pas de couches d’intermédiaires. Il y a moi. Et c’est précisément ce que je veux transformer en force.

Je viens du support informatique. Depuis des années, j’assiste des équipes soignantes dans un hôpital, là où la réactivité et l’écoute ne sont pas des options mais une nécessité. Ça laisse des traces, ce genre de métier. Ça vous apprend qu’un utilisateur qui remonte un problème n’est pas une corvée, mais un cadeau.

Alors voilà ma promesse, et l’esprit dans lequel je veux faire vivre Le Grimoire. Un bug ? Dès que j’en suis informé, je le corrige au plus vite, sans faire la sourde oreille. Une remarque, une idée d’amélioration ? Je l’écoute vraiment. J’ai un Discord, et je compte y lancer des sondages : si une demande peut servir à d’autres, on la priorise ensemble. Et si elle est fidèle à l’esprit du logiciel, à cette philosophie de respect de l’auteur qui guide tout depuis le début, je la valide et je l’intègre à la prochaine mise à jour.

Je ne veux pas de clients. Je veux des compagnons de route. Des gens qui sentent que ce logiciel grandit avec eux, grâce à eux, et pas contre eux.

Alors, merci

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, au bout de cette série et de cette histoire un peu folle, c’est que vous faites déjà partie de l’aventure. Parce que le défi dont je vous parlais, celui d’être découvert, il se résout exactement comme ça : une personne, puis une autre, qui tombe sur ces mots, sur ce logiciel, et se dit « tiens, ce truc a l’air fait avec le cœur ».

C’est le cas. Il l’est.

Le roman de trois mille ans, lui, m’attend toujours patiemment. Aster, Raven, tous mes personnages sont là, dans Le Grimoire, prêts à ce que je reprenne enfin leur histoire. Maintenant que l’outil est né, il serait temps que je m’y remette, vous ne croyez pas ?


Mais ça… c’est une autre histoire. La mienne. Et peut-être, un jour, un peu la vôtre.

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