Juillet 2025.
Reprenons là où on s’était arrêtés. J’avais un univers de trois mille ans qui débordait de partout, trois voix de personnages à tenir sans les mélanger, et des notes éparpillées sur tous les supports possibles. Il me fallait un outil. Un vrai. Un endroit unique pour poser tout ça.
Alors j’ai fait ce que fait tout le monde : j’ai cherché. J’ai testé. Et je suis reparti déçu à chaque fois.
Scrivener, ou le logiciel qu’il faut apprendre avant de pouvoir s’en servir
Commençons par le mastodonte. Scrivener, c’est la référence, celui que tout le monde recommande. Ses fonctions sont puissantes, je ne dirai pas le contraire.
Mais je n’ai jamais accroché. Jamais.
Le problème, c’est qu’avant de pouvoir écrire avec, il faut apprendre à s’en servir. Comprendre son fonctionnement, sa logique, ses menus. Regarder des tutos. Décortiquer une interface qui donne l’impression de dater d’une autre époque.
Or moi, les modes d’emploi, c’est comme les notices des appareils électroniques : je ne les lis jamais. Sauf quand je galère vraiment, et encore, à contrecœur. Je veux qu’un outil soit intuitif. Qu’on l’ouvre et qu’on comprenne. Qu’il soit moderne, agréable, chaleureux, pas une interface froide qui vous demande un diplôme avant de vous laisser poser un mot.
Un logiciel qu’il faut étudier avant d’écrire, pour moi, c’est déjà un logiciel qui a perdu.
Les autres : trop chers, ou prisonniers du nuage
J’ai regardé ailleurs. Et là, deux murs.
Le premier, le prix. Certains outils m’ont vite fait comprendre qu’écrire un roman allait me coûter un abonnement de plus, éternellement.
Le second, plus rédhibitoire encore : le tout-en-ligne. Le cloud obligatoire. Et ça, pour moi, c’est non.
Laissez-moi vous décrire mon cauchemar. Un beau jour, il fait grand soleil. J’ai envie d’attraper mon portable, de m’installer sous un arbre au fond du jardin, et d’écrire tranquillement. Sauf que mon logiciel a besoin d’une connexion. Alors me voilà à activer le partage de connexion de mon téléphone, à guetter la barre de réseau, à prier pour que ça tienne le temps d’un chapitre.
Non merci. Je veux écrire où je veux, quand je veux, que le wifi existe ou pas. Mon roman est à moi, il vit sur ma machine, et il ne devrait dépendre de personne pour s’ouvrir.
Le déclic : et si je faisais le mien ?
C’est là qu’une petite idée est venue frapper. Pas une révélation fracassante. Juste une évidence tranquille.
Il faut que je vous dise une chose : je ne suis pas parti de rien. Dans une vie précédente, quand j’étais technicien itinérant, je m’étais déjà amusé à me coder un petit logiciel maison pour gérer mes fiches d’intervention. Un outil sur mesure, taillé exactement pour moi, qui faisait ce dont j’avais besoin et rien d’autre. Et j’avais adoré ça. Ce plaisir un peu particulier d’utiliser un outil qui vous ressemble, parce que c’est vous qui l’avez pensé.
Alors, face à mes notes qui débordaient et à aucun logiciel qui me convenait, la pensée est venue presque naturellement. Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas me faire mon propre outil d’écriture, intuitif comme je l’aime, local comme je le veux, avec exactement les fonctions dont j’ai besoin pour dompter mon univers ?
Un détail, quand même. Je ne suis pas développeur.
Je bosse dans l’informatique, en milieu hospitalier, et je suis un autodidacte pur jus. Coder un petit gestionnaire de fiches, d’accord. Mais un vrai logiciel d’écriture, complet, avec un éditeur de texte digne de ce nom, des fiches de personnages, une gestion d’univers… c’était une autre paire de manches.
Sauf que cette fois, je n’allais pas être seul.
Le copilote
Parce que si je me lançais, ce serait avec l’IA à mes côtés. Claude Code, pour être précis. Mon copilote de code, celui à qui j’allais expliquer ce que je voulais, avec qui j’allais construire, tester, corriger, recommencer.
L’idée, soudain, ne semblait plus si folle. Ambitieuse, oui. Un peu inconsciente, sûrement. Mais faisable.
Alors je me suis assis. J’ai ouvert un projet vide. Et j’ai commencé.
Je n’avais aucune idée de ce dans quoi je mettais les pieds.
Parce que très vite, ce petit outil personnel a commencé à grandir. Beaucoup plus que prévu. Mais ça, c’est l’histoire du prochain épisode.